Signa

Application et plateforme Web d'écriture et de publication de partitions chorégraphiques suivant la notation Laban

  1. Origines du projet
    1. La notation Laban
    2. L'outillage numérique de la notation
    3. À la rencontre du Web et de ses usages
  2. Natures du projet
    1. Un outil pour l'écriture
    2. Un outil pour la publication
    3. Un outil pour la collaboration et le partage
    4. Un outil pour la recherche et le développement
  3. Partenaires et perspectives artistiques
    1. Association Nationale des Notateurs du Mouvement
    2. Compagnie Gramma-
    3. Résidences
  4. Équipe en cours de constitution
  5. Techniques employées
  6. Spécifications minimales
    1. Application desktop
    2. Application Web
  7. Formats et interfaces supportées
    1. Formats de données
    2. Interfaces de programmation

1. Origines du projet

« L'homme se meut pour satisfaire un besoin. Par ses mouvements, il vise quelque chose ayant à ses yeux une valeur. Il est facile de percevoir le but du mouvement d'une personne si ce mouvement est dirigé vers un objet tangible. Mais il existe également des mouvements qui proviennent de valeurs intangibles. » (Rudolf Laban, La Maîtrise du Mouvement)

La notation Laban

Désireux de doter la danse d'outils scientifiques, Rudolf Laban publie en 1928 un système d'écriture pour le mouvement : la cinétographie Laban (nommée Labanotation par les Anglo-saxons).

Ayant étudié la biomécanique des mouvements humains ainsi que les tentatives antérieures de formalisation de la danse (écrites ou dessinées), Rudolf Laban établit son système autour de quatre règles fondamentales, correspondant à quatre questions :

La réponse à ces questions vient s'inscrire sous forme de symboles placés le long d'une portée verticale (ici à droite – analogue à la portée musicale, à gauche) qui se lit de bas en haut :

La ligne verticale centrale correspond à l'axe longitudinal du corps. Les symboles inscrits le long de cette ligne correspondent aux appuis au sol. Tout ce qui est inscrit à droite de la portée renvoie à la moitié droite du corps, et tout ce qui est inscrit à gauche renvoie à la moitié gauche.

Les principaux symboles sont les signes de direction, rayonnant dans les trois dimensions à partir du centre :

Chacun de ces 27 signes de base indique à la fois :

Enfin, le placement des symboles sur la portée indique la simultanéité des mouvements et leur succession dans le temps (quand cela se produit-il ?)

Principalement développé à travers l'écriture et la transmission de la danse, le système initié par Laban a rapidement trouvé des applications dans de nombreuses autres disciplines s'attachant à l'étude du mouvement (éducation, anthropologie, ergonomie, recherche en science cognitive…) et demeure à ce jour l'un des systèmes de notation du mouvement les plus utilisés.

L'écriture d'une partition reste cependant une tâche ardue, moins du fait de la complexité de la notation Laban qu'à cause du manque d'outils adaptés…

L'outillage numérique de la notation

Maxine D. Brown et Stephen W. Smoliar, de l'Université de Pennsylvanie, soulignaient déjà en 1976 le besoin urgent d'outiller de manière adaptée (en l'occurrence via l'informatique) le laborieux processus d'édition des partitions :

The Dance Notation Bureau records and maintains an extensive library of choreographic scores in Labanotation. Producing final copies of these scores is currently one of the most time-consuming and laborious tasks at the Bureau. Scores are either inked by hand or printed by a specially-designed IBM Selectric type-element. Altering a score is a major chore, for it usually means redrawing an entire page or more. Current demands have precipitated the need for a simple, mechanized way to design, update and produce final copies of notated scores.

Ils tentèrent de répondre à ce besoin avec le logiciel LABA, un éditeur graphique (mais ne disposant que d'une saisie en mode texte à l'époque) de partitions Laban. Ce dispositif n'a semble-t-il pas perduré…

En 1987 fut publiée la première version de LabanWriter, un logiciel développé par George Karl, Scott Sutherland et David Ralley sous la direction de Lucy Venable (décédée le 29 janvier 2019), au sein du département de danse de l'Université de l'Ohio. Ce logiciel demeure le plus utilisé aujourd'hui et joua un rôle très important dans l'écriture et la préservation de la danse. Cependant, il n'est plus activement maintenu par ses développeur·euse·s et ne fonctionne désormais correctement que sur une version obsolète de MacOS… En outre, ce logiciel repose sur un format de fichier binaire (humainement illisible) se focalisant sur l'organisation purement graphique des symboles au détriment du sens même de la partition, de sa flexibilité et de sa pérennité.

Afin de pallier cette lacune et d'introduire du sens dans la modélisation informatique de la partition, Minako Nakamura et Kozaburo Hachimura (respectivement de l'Université Ochanomizu de Tokyo et de l'Université Ritsumeikan de Kusatsu) présentèrent en 2005 le format LabanXML, sur lequel repose un logiciel nommé LabanEditor : première approche sémantique de la modélisation de la notation Laban et première promesse d'un logiciel "intelligent". Cependant le format LabanXML, très rigide dans sa conception et encore trop attaché à une représentation visuelle, peine à décrire les détails les plus complexes du mouvement et à en préserver tout le sens. Quant au logiciel LabanEditor, personne ne semble l'avoir jamais vu fonctionner (non disponible en téléchargement, tout ce que l'on sait sur lui se résume à quelques captures d'écran publiées dans des documents académiques plutôt sibyllins). Les auteur·e·s de LabanXML n'ayant jamais répondu à mes requêtes, nous n'en saurons pas davantage…

Jonathan Hatol, alors étudiant à l'Université Simon Fraser (Canada), présenta en 2006 un nouveau format nommé MovementXML. Inspiré de MusicXML et reprenant les fondations de LabanXML tout en menant la démarche sémantique initiale jusqu'à son terme (ou presque…), ce format servit à prototyper un éditeur de partition plus moderne mais qui ne vit jamais le jour. Travaillant aujourd'hui pour Apple, après avoir œuvré pour d'autres titans de la Silicon Valley au sortir de ses études, Jonathan Hatol m'a dit déplorer l'abandon de MovementXML et le fait que personne, à sa connaissance, n'ait jamais repris le flambeau…

Aux environs de 2012 apparaît le logiciel LabaNotator, lequel ne fonctionne que sous Windows. Il ne s'agit, ni plus ni moins, que d'un outil de dessin technique (conception de plans, de diagrammes…) "habillé" avec les symboles de la notation Laban. La sémantique est absente. La logique même de l'écriture de la danse est absente. On peut certes pratiquement tout faire avec, mais surtout absolument n'importe quoi. Passons…

Passons rapidement aussi sur les quelques outils conçus en tant qu'extensions au logiciel AutoCAD, tels Calaban ou LabanGraph. Comme pour LabaNotator, il ne s'agit là que de greffer sur un logiciel de dessin technique préexistant des modalités limitées d'édition des symboles graphiques propres à la notation Laban. Qui dit logiciel préexistant, dit périmètre fonctionnel circonscrit en amont des besoins ultérieurs, d'où une logique de travail largement prédéterminée et immuable (en l'occurrence, celle de l'ingénierie industrielle). Les symboles y sont, mais leur sens n'y est pas. Le sève profonde de l'écriture et son potentiel créatif non plus. Ces outils nécessitent en outre d'investir dans AutoCAD, un logiciel à la fois coûteux et démesuré (tant dans ses fonctionnalités qu'au niveau des ressources et de l'apprentissage qu'il requiert). Ou comment convoquer une lourde brassée d'épées pour accomplir l'œuvre d'une plume…

C'est donc un paysage bien morne qui s'offre au regard des notateur·rice·s et chorégraphes… Face à l'absence d'outillage adéquat, certain·e·s en viennent à se tourner vers Adobe Illustrator (seul ou en association avec InDesign) pour écrire et publier leurs partitions. On peut imaginer la pénibilité de la tâche, seulement compensée par la garantie d'un résultat propre et conforme à la dextérité technique de l'auteur·e, et ce malgré d'heureuses initiatives comme celle de Raphaël Cottin qui a publié un ensemble de documents (symboles, modèle de partition…) facilitant grandement ce travail de "moine copiste" au sein d'Illustrator. Malheureusement, au delà de l'apprentissage de l'outil (qui demeure un outil de dessin et non d'écriture), le nouveau modèle économique par abonnement imposé par Adobe tend à dissuader les utilisateur·rice·s les plus motivé·e·s. Tout reste à faire…

À la rencontre du Web et de ses usages

À l'issue de mes études à l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard, en tant qu'ingénieur réseau et système temps-réel, le hasard m'a conduit en 1998 à effectuer un stage au CICV Pierre Schaeffer, haut lieu de l'époque dans le domaine de la création vidéo, Web et multimédia, sous la direction de Pierre Bongiovanni. Devenu développeur Web au service des arts numériques, j'ai poursuivi cette activité au-delà de la fermeture brutale du CICV et en parallèle d'autres activités professionnelles (en agences Web et comme ingénieur qualité), avant qu'elle ne reprenne, depuis 2017, son temps plein. Cette résolution fut accompagnée par une rencontre fortuite : celle d'Aurélie Berland – danseuse, chorégraphe et notatrice Laban –, et à travers elle la rencontre de l'univers si vaste de la danse, ainsi que du mode d'écriture qui nous concerne…

La question de la modélisation du mouvement se posait déjà dans le cadre de mon travail depuis des années : comment coder le mouvement ? Comment aider les artistes à décrire les mouvements traversant leurs projets ? Comment fluidifier leur transmission aux logiciels animant les dispositifs numériques ? La découverte de la notation Laban, dont j'ignorais jusqu'alors l'existence, fut comme une révélation : voilà, peut-être bien, la pierre de Rosette qui me manquait.

Il ne s'agissait, dans un premier temps, que d'intégrer la grammaire inventée par Laban dans mon processus de développement d'œuvres numériques ; mais la pauvreté des outils disponibles et la situation précaire des notateur·rice·s et chorégraphes à cet égard m'amenèrent très vite à reconsidérer cet objectif : en matière d'outillage numérique de l'écriture chorégraphique, tout restait à faire – et ce qui restait à faire semblait être naturellement "dans mes cordes". Car développer des outils pour les artistes est, en dernière analyse, ce que j'ai toujours fait : comprendre leur vision, intégrer leurs besoins, en tirer des outils qui leur parlent et leur permettent d'explorer leurs propositions en accord avec leur pratique et ses modalités d'énonciation. Voilà tout.

En outre, la rencontre avec la danse fut aussi celle de certains archaïsmes : archaïsme des outils en premier lieu, mais aussi archaïsme des modalités de recherche, de conservation, de partage, d'échange, de diffusion, de communication… Archaïsmes auxquels se heurte une nouvelle génération de notateur·rice·s, de chorégraphes et de chercheur·euse·s, une nouvelle génération plus ouverte aux usages émergents et aux pratiques collaboratives suscitées par le Web et les outils numériques, plus sensible aussi peut-être à ce qui se joue (ou se déjoue) actuellement en matière de potentiel d'écriture, de transmission et de pérennité des œuvres chorégraphiques, tant passées qu'à venir. Un certain sentiment d'urgence se manifestait là, sensiblement, et trouvait un écho opportun dans ma propre démarche.

Il s'agissait désormais de répondre à cet appel des signes ; tant ceux tangibles que Laban a tracé, que ceux qui convergeaient intangiblement depuis des années vers le territoire sensible de la danse. Plutôt que d'intégrer Laban dans ma pratique, il importait dès lors de mettre ma pratique au service de la notation, et de développer cet outil qui manquait encore, en lui insufflant mes vingt années d'expérience du Web et des arts numériques : Signa.

2. Natures du projet

Un outil pour l'écriture

L'une des principales critiques que l'on peut émettre à l'encontre des logiciels de notation utilisés aujourd'hui, et qui résonne en leur sein comme une impasse conceptuelle, est qu'il s'agit moins pour eux d'écrire une chorégraphie dont le sens se déploie librement dans l'espace et dans le temps, que d'agencer visuellement des symboles graphiques quasiment indifférenciés (à leurs yeux) à l'intérieur du cadre fini et arbitraire d'une page… Il doit y avoir, au contraire, convergence de sens entre ce que l'utilisateur·rice fait avec l'outil, et la représentation qu'a l'outil de ce que l'utilisateur·rice fait avec lui. Ce qui manque encore à ces outils, dans une certaine mesure, c'est une véritable ontologie de la notation Laban.

Dans cette quête de sens, et au gré de son évolution, le développement Web (qu'il s'agisse de sites ou d'applications) a fini par adopter parmi ses principes fondamentaux la modélisation sémantique du contenu. Il s'agit, dans l'absolu, de stocker l'information (créée, manipulée, affichée…) suivant un modèle de données qui conserve à l'information tout son sens, tant aux yeux de l'application qu'à ceux de la personne qui l'utilisera. En l'occurrence, il ne s'agit pas pour Signa de se réduire à un outil de dessin (comme le sont LabaNotator et Adobe Illustrator), mais d'être bel et bien un outil d'écriture de partitions Laban, tant dans les actions qu'il permet d'accomplir que dans la manière d'en préserver le sens à travers la modélisation des informations qui en résultent (ce vers quoi semblait tendre LabanWriter, avant de crouler sous le poids de ses choix de conception clos et soumis à une forte obsolescence).

Toutefois, le piège principal de la modélisation sémantique consiste à enfermer l'information (et l'usage qui en est fait) dans un schéma rigide et immuable, tel que tend à l'imposer l'emploi d'un métalangage XML par exemple (c'est d'ailleurs là que réside, selon moi, l'impasse des initiatives LabanXML et MovementXML citées plus haut : si la notation Laban repose elle-même sur une structure bien circonscrite, le travail d'écriture doit demeurer libre de suivre les élans de l'œuvre notée – danse, mime ou autres – lesquels ne s'inscrivent dans aucun schéma d'usage prédéfini). L'application Signa modélise à cette fin l'ensemble des informations qu'elle manipule au format JSON : issu lui aussi du Web, n'imposant pas l'emploi d'un schéma strict mais offrant au contraire une "structure de principe" libre et évolutive, ce format tend aujourd'hui vers une universalité de facto.

Le principal enjeu de la phase de développement du projet Signa réside dans la mise au point et la spécification de cette modélisation au format JSON des partitions Laban. Cette base saine étant spécifiée (de sorte, dans un premier temps, à couvrir les besoins les plus fondamentaux de la notation Laban, en s'appuyant sur un ensemble significatif de partitions existantes), le travail de conception des modalités d'interface et d'ergonomie peut débuter…

Il s'agit de proposer un outil qui accompagne de manière consistante, fluide et efficace le travail des notateur·rice·s et chorégraphes. Un outil qui puisse se plier à leur usage, et non pas un outil auquel l'utilisateur·rice doit se plier (en contournant fastidieusement les diverses manifestations de l'inadéquation de l'outil face au sens du travail à accomplir). Ainsi, par exemple, les mouvements et leur durée sont intégrées à Signa en tant que modalités mêmes d'interaction avec l'interface d'édition (laquelle est par ailleurs compatible avec la saisie via un écran tactile et les gestuelles qu'elle permet). Et puisque l'application est à même de saisir le sens de la matière en cours d'élaboration, elle peut offrir une contextualisation très précise et en temps réel de son interface (en matière d'actions disponibles, de propriétés modifiables, d'indications de guidage, de suggestions et d'alertes, etc.).

Supportant les versions "KIN" (européenne) et "LAB" (américaine) de la notation Laban, et offrant de grandes libertés de composition (dans la mesure où celle-ci conserve un certain sens), Signa se garde aussi d'enfermer l'utilisateur·rice dans ses limites fonctionnelles (il y en aura toujours…). Il est ainsi possible d'importer dans une partition des symboles graphiques personnalisés (au format SVG, conçus avec Adobe Illustrator par exemple), voire d'exporter l'ensemble de la partition vers Adobe Illustrator (ou tout autre logiciel exploitant le format SVG) afin de lui appliquer des traitements plus spécifiques ou non conventionnels.

Signa convoque l'ensemble des fonctionnalités modernes (inspirées notamment des éditeurs de code les plus récents, tel Sublime Text) permettant une exploration intègre et libre du système conçu par Laban, et des immenses possibilités d'écriture qu'il soulève : fonctionnalités avancées de duplication et de transformation dynamiques des signes (dans l'espace comme dans le temps) ; système de "patrons" ou "macros" (motifs chorégraphiques variables définis par l'utilisateur·rice et pouvant être librement déclinés au sein du projet, ou d'un projet à l'autre, de manière paramétrique ou programmatique) ; préservation de l'historique précis des différentes versions de chaque projet ; intégration avancée de partitions musicales (aux formats MusicXML, ABC ou MIDI) ; libre ajout de notes, commentaires, ressources de travail (images, sons, vidéos) ; mécanismes avancés de recherche et remplacement de symboles et de groupes de symboles ; génération automatique des tracés de parcours et des signes de front…

Un outil pour la publication

Outre la modélisation sémantique du contenu, Signa convoque l'un des autres principes fondamentaux du développement Web (découlant directement du premier) : la séparation stricte du contenu et de sa mise en forme.

Le fait de séparer l'information (la partition chorégraphique "pure") de sa représentation (sa mise en page "finale") permet précisément d'appliquer plusieurs modes de publication à une partition, sans changer l'information qui la modélise (et donc sans changer la partition elle-même).

Ainsi, une seule et même partition – sans qu'elle soit modifiée – peut faire simultanément l'objet, par exemple :

Concrètement, cela implique que le travail d'écriture de la partition est lui aussi séparé de son travail de mise en page. Il s'agit de deux modes d'utilisation de Signa distincts mais pouvant être menés parallèlement, l'essentiel étant que l'écriture ne soit pas tributaire de la mise en page que l'on peut lui appliquer.

Une attention toute particulière est portée sur la qualité du rendu final (aussi bien sur papier que sur écran) afin de préserver au mieux la lisibilité et l'élégance formelle de la notation Laban. L'intégralité de la partition est ainsi composée d'images vectorielles préalablement dessinées à la main (avec Adobe Illustrator) ou générées de manière procédurale (dessinées dynamiquement par des algorithmes spécifiques). Les textes accompagnant la partition bénéficient aussi d'un grand soin accordé à la typographie (via l'intégration d'un service tel Adobe TypeKit et de fonctionnalités de mise en page évoluées respectueuses des règles d'usage).

Un outil pour la collaboration et le partage

Utilisable en tant qu'application autonome (installée dans le système d'exploitation et ne nécessitant pas de connexion Internet continue), Signa existe aussi, et avant tout, en tant qu'application Web offrant à son utilisateur·rice une plateforme en ligne d'écriture, d'archivage, de publication (au format numérique) et d'échange.

D'un point de vue fonctionnel, Signa propose aux notateur·rice·s et chorégraphes un environnement analogue à celui que GitHub propose aux développeur·euse·s, notamment :

Un moteur de recherche intégré à la plateforme Web, s'appuyant sur la modélisation sémantique des informations qu'elle héberge, permet d'explorer l'ensemble de son corpus (recherche par auteur, période, genre, type de mouvements, documents associés, etc.)

L'utilisateur·rice peut librement alterner entre l'application desktop et l'application Web, un mécanisme de synchronisation garantissant l'intégrité de ses données ainsi que leur archivage sécurisé en ligne (leur pérennité et la gestion complète de leur historique n'étant assurées qu'au sein de la plateforme Web).

Le modèle économique de la plateforme Web et celui de l'application desktop restent encore à définir (formule freemium ou autres…).

Un outil pour la recherche et le développement

Destinée en premier lieu aux notateur·rice·s et chorégraphes, l'application Signa se projette aussi au-delà de ce cercle.

Il n'échappe pas à l'attention des développeur·euse·s l'ayant rencontrée que la notation Laban possède la plupart des propriétés d'un langage de programmation. Dans cette optique, une partition chorégraphique peut être considérée comme un programme ; et les mouvements que décrit ce programme sont susceptibles d'être analysés et appliqués à tout type d'objet en capacité de s'animer dans l'espace et dans le temps, qu'il soit réel ou virtuel, que son enveloppe et ses articulations soient visuelles ou sonores…

Puisque la partition chorégraphique est modélisée dans un format numérique – a fortiori dans un format intégrant la structure sémantique de celle-ci – Signa est capable d'en transmettre toute la substance, originelle ou transformée, à d'autres dispositifs numériques, suivant des interfaces, des protocoles et des formats standard (par exemple : OSC, JSON, REST).

Par conséquent, en plus d'être un outil d'écriture et de publication, Signa se déploie aussi en tant qu'environnement de développement et d'exploration du potentiel de la notation Laban dans le contexte ouvert des dispositifs artistiques numériques (installations ou performances) – marquant ainsi un retour naturel à ce qui constituait mon objectif initial.

Proposant à la fois des modalités de contrôle de dispositifs externes et les moyens pour ces derniers de contrôler son propre fonctionnement, Signa peut s'insérer dans une chaîne de production numérique via sa conception modulaire et l'intégration d'interfaces de développement en temps réel reposant sur le langage JavaScript (rendant ainsi possible la libre intégration de fonctionnalités additionnelles, par exemple : import de données issues d'une captation biométrique, import et export des partitions dans d'autres formats, interfaces programmatiques spécifiques, etc.).

3. Partenaires et perspectives artistiques

Association Nationale des Notateurs du Mouvement

Compagnie Gramma-

Résidences

4. Équipe en cours de constitution

5. Techniques employées

L'application Signa est intégralement développée à l'aide des techniques issues du Web (HTML, CSS, JavaScript). L'emploi de ces techniques permet de garantir l'universalité de l'application (qui n'est pas limitée à un système d'exploitation ni à un support donnés) et de prévenir du mieux possible son obsolescence en l'isolant des fluctuations les plus "bas niveau" des dispositifs informatiques présents et futurs. La conception et le développement du projet suivent les pratiques les plus strictes et modernes, en se reposant notamment sur un ensemble de composants logiciels professionnels, reconnus et éprouvés (et libres pour la plupart), parmi lesquels :

La plateforme Web est hébergée sur un serveur dédié du type Dedibox Pro (avec archivage sécurisé des données), disposant de son propre certificat SSL (en vue de la sécurisation des sessions de travail).

L'application Signa est publiée via la plateforme GitHub sous la licence publique générale GNU version 3.

6. Spécifications minimales

Application desktop

Version minimale requise du système d'exploitation (la version la plus récente étant toujours celle que nous recommandons) :

Application Web

Version minimale requise du navigateur (la version la plus récente étant toujours celle que nous recommandons) :

7. Formats et interfaces supportées

Formats de données

Format Import Export
LabanWriter Oui Non
SVG (Adobe Illustrator) En tant que symboles graphiques libres Oui
PDF En tant que documents joints à la partition Oui

Interfaces de programmation

Interface Version desktop Version Web
REST Oui Oui
WebSocket Oui Limitée
OSC Oui Non
G-code Oui Non